Profession voyante

Elle a le « don » depuis 20 ans et se bat pour rendre crédible un métier, souvent discuté et parfois discutable, et en éloigner les charlatans. Un vrai combat qu’elle raconte dans un livre.

Esméralda : pour une voyante, le prénom est trop beau pour être vrai et pourtant…Depuis vingt ans, Esméralda Bernard habite et consulte à Aywaille, dans la province de Liège. Ce qui ne l’empêche pas de sortir un livre à Paris : « Je ne me suis pas inquiétée en l’écrivant : je savais que je serais publiée. Tout comme je sais déjà qu’un deuxième volume suivra le même chemin. » « Si elle a pris la plume, c’est dans le but de remettre certaines pendules à l’heure: « Il est grand temps de démystifier la voyance. On l’associe souvent à la superstition ou à l’escroquerie, ce qui est, hélas ! parfois le cas. C’est la raison pour laquelle je me bats pour que ce métier soit reconnu. Je voudrais aussi que les clients comprennent que nous avons des limites et qu’il ne suffit pas de pousser sur un bouton pour obtenir des prévisions. Il m’arrive de ne pas ressentir de déclic avec quelqu’un et, ainsi, de devoir mettre fin prématurément à l’entretien. Je possède une faculté naturelle, mais imparfaite, qui peut aussi avoir des caprices. « Le tout est d’y croire…Dans le but d’apporter durablement un crédit à un milieu qui en manque, Esméralda Bernard a créé, voilà sept ans, Delta Blanc, une association à l’entée de laquelle il faut montrer pattes…blanches : « Elle regroupe des praticiens des arts divinatoires. Une centaines de personnes a souhaité y adhérer : une vingtaine a été accepté. Nous avons instauré un code de déontologie que chacun s’engage à respecter. Nous nous élevons notamment contre les séances à la chaîne. Moi, je ne reçois pas plus de trois ou quatre personnes par jour ».Elle reconnaît que, lorsqu’elle scrute l’avenir de ses interlocuteurs, elle est incapable de fournir des indications précises quant aux délais : . « Je comprends que les gens en soient perturbés car ils viennent me demander s’ils vont trouver du travail, par exemple, ils veulent savoir quand cela se passera. Grâce au tarot, je puis seulement fournir des fourchettes. » Les ondes qui passent sont parfois obscures. En dehors de ses « heures de bureau », elle a de moins en moins de ces « flashes » qui, autrefois, lui ont perturbé l’existence : « Je pouvais difficilement croiser quelqu’un sans capter une image le concer nant. Au fil du temps, j’ai appris à me dominer, à m’ouvrir et à me fermer quand je le désire. » Elle recommande la plus extrême prudence vis-à-vis de ceux et de celles qui jurent « voir » au téléphone :  » Plus vous restez en ligne, plus vous payez. Chez moi, les visites durent entre soixante et nonante minutes pour 55euros ». Un client averti en vaut deux…Sa réputation a largement dépassé les limites de sa région. L’agenda d’Esméralda Bernard l’atteste : il est bouclé jusqu’à la fin du mois d’avril. Pour le coup, c’est à vous de voir …

Marc Pasteger